Internet à bord et télétravail en mer : Starlink et le reste
Starlink, 4G/5G et routeurs : le vrai coût d'internet à bord, la consommation électrique, et comment organiser une journée de télétravail au mouillage.

Travailler depuis un bateau avec une connexion fiable est aujourd'hui banal : une base 4G/5G avec routeur et antenne extérieure couvre l'essentiel des côtes européennes pour 30 à 80 € par mois, et Starlink apporte le haut débit presque partout pour 300 à 500 € de matériel plus 50 à 100 € par mois selon l'offre. Le vrai sujet n'est plus la connexion : c'est l'énergie et l'organisation.
Ce que le télétravail en mer exige vraiment
Une visioconférence demande 3 à 5 Mbit/s stables, pas 100. Ce qui tue une journée de travail, ce n'est pas le débit moyen, c'est la coupure au mauvais moment : bascule d'antenne 4G, bateau qui évite au mouillage et masque le signal, batteries basses qui éteignent le routeur. Raisonnez donc en fiabilité : deux liens indépendants valent mieux qu'un lien rapide. Ajoutez le cadre matériel — un poste de travail calé (table à cartes, carré), de l'ombre sur l'écran, un casque avec micro correct — et un accord clair avec votre employeur ou vos clients sur les horaires : la météo et les mouillages font désormais partie de votre agenda.
La base côtière : 4G/5G, forfaits et routeurs
À moins de 10-15 milles des côtes, la 4G/5G fait très bien le travail. Le kit efficace : un routeur 4G/5G dédié acceptant deux cartes SIM, une antenne extérieure en tête de mât ou sur portique — le gain est réel, souvent deux à trois barres de mieux qu'un téléphone dans le carré — et deux forfaits data généreux chez des opérateurs différents. Budget : 150 à 400 € de matériel, 30 à 80 € par mois. En croisière européenne, surveillez les politiques d'usage raisonnable en itinérance : les forfaits « illimités » ne le sont jamais vraiment à l'étranger. Ce poste s'intègre naturellement au reste de l'installation du bord, décrite dans notre guide de l'électronique de bord.
Starlink : coûts réels et consommation électrique
Starlink a changé la donne : haut débit réel (souvent 50 à 150 Mbit/s) au mouillage comme au large. Les coûts à prévoir : antenne 300 à 500 € selon le modèle, abonnement itinérant 50 à 100 € par mois selon les offres et zones, sensiblement plus pour les formules réellement hauturières. Le point que les plaquettes commerciales mentionnent peu : la consommation électrique. Comptez 20 à 40 W pour une antenne Mini, 50 à 75 W pour une antenne standard — soit 40 à 130 Ah par jour en 12 V si elle tourne toute la journée de travail. Sans un parc batterie et une production solaire dimensionnés en conséquence (énergie à bord), Starlink transforme un problème de connexion en problème d'électricité.
Fiabiliser : combiner les liens et gérer l'énergie
Le montage robuste des télétravailleurs flottants : Starlink en lien principal, 4G/5G en secours automatique — les bons routeurs basculent seuls — et le téléphone en partage de connexion en dernier recours. Coupez l'antenne à la pause déjeuner et hors des heures de travail : la moitié de la consommation s'évapore. Programmez les gros transferts et les mises à jour aux heures de plein soleil, quand le solaire compense. Gardez une discipline de sauvegarde locale : le cloud n'aime pas les coupures. Et alimentez tout ce matériel en 12 V direct ou via des convertisseurs dédiés plutôt qu'un gros onduleur : le rendement est meilleur et le montage plus simple.
Une journée de travail type au mouillage
7 h 30 : météo, contrôle du mouillage, niveau des batteries. 8 h : premier créneau de travail profond, antenne allumée. 12 h 30 : antenne coupée, baignade, déjeuner. 14 h : visioconférences calées en début d'après-midi, quand le solaire donne le plus. 17 h 30 : fin de journée, sauvegardes, extinction. Ce rythme n'a rien d'anecdotique : les liveaboards qui travaillent (voir vivre à bord à l'année) convergent tous vers des journées très structurées, parce que le bateau interrompt — annexe à gérer, voisin qui chasse sur son ancre, grain qui arrive. La marge de sécurité, c'est l'organisation, pas le débit.
Par où commencer
- Mesurez votre besoin réel : débit minimal, nombre de visios par jour, tolérance de votre métier aux coupures.
- Commencez par la base 4G/5G avec antenne extérieure : c'est le meilleur rapport fiabilité/prix en navigation côtière.
- Ajoutez Starlink si vous travaillez au mouillage ou hors couverture mobile — après un audit honnête de votre bilan électrique.
- Doublez tout : deux liens, deux opérateurs, une batterie externe pour l'ordinateur.
- Testez une semaine complète de travail à bord avant de vous engager auprès d'un employeur ou d'un client.
Questions fréquentes
Combien coûte Starlink sur un bateau ?
Comptez 300 à 500 € pour l'antenne selon le modèle (Mini ou standard), puis 50 à 100 € par mois pour un abonnement itinérant utilisable en zone côtière, et sensiblement plus pour les offres réellement hauturières avec priorité de données. Ajoutez le coût caché : la consommation électrique, qui impose souvent de renforcer solaire et batteries de quelques centaines d'euros.
Peut-on télétravailler depuis un bateau au mouillage ?
Oui, et des milliers de navigateurs le font. Les conditions : une connexion redondante (Starlink ou 4G/5G avec antenne extérieure, plus un lien de secours), un bilan électrique qui couvre routeur, antenne et ordinateur toute la journée, et une organisation stricte — mouillage sûr vérifié le matin, visios calées aux heures de production solaire, sauvegardes locales systématiques.
Quelle est la consommation électrique de Starlink en 12 V ?
Une antenne Starlink Mini consomme environ 20 à 40 W, une antenne standard 50 à 75 W. Sur une journée de travail de 8 à 10 heures, cela représente 40 à 130 Ah en 12 V — l'équivalent d'un deuxième frigo à bord. D'où les deux réflexes des habitués : couper l'antenne hors des heures utiles et dimensionner le solaire en conséquence.