Voiles et gréements : sloop, ketch, génois, gennaker
Sloop, cotre, ketch, génois, gennaker : comprendre les gréements et la garde-robe d'un voilier, à quoi sert chaque voile et combien elle coûte vraiment.

Le gréement désigne l'ensemble formé par le mât, les câbles qui le tiennent et les voiles qui propulsent le bateau. Le sloop, un mât portant une grand-voile et une voile d'avant, équipe l'immense majorité des voiliers modernes parce qu'il est simple, efficace au près et facile à manœuvrer en équipage réduit. La garde-robe se complète ensuite selon le programme : génois pour remonter au vent, gennaker ou spi pour le vent arrière, trinquette pour la brise.
Sloop, cotre, ketch : les grandes silhouettes
Le sloop domine sans partage : deux voiles, des réglages limpides, le meilleur rendement au près. Le cotre y ajoute une seconde voile d'avant, la trinquette, gréée en arrière du foc : une polyvalence appréciée des voiliers de voyage, qui réduisent la toile par étapes sans changer de voile. Le ketch porte un second mât plus petit, l'artimon, en avant de la barre : la voilure se fractionne en voiles plus petites, plus faciles à manier individuellement sur les grandes unités, au prix de plus d'accastillage et d'un peu de rendement au près. Yawl et goélette restent des cas particuliers, superbes mais rares. Pour un premier voilier, le sloop est un choix par défaut difficile à contester ; l'univers complet se découvre dans notre famille voiliers.
La grand-voile : le moteur principal
Deux mondes coexistent. La grand-voile classique, lattée, coulisse le long du mât et se range dans un lazy-bag sur la bôme : c'est la solution la plus performante, avec un vrai profil creux et une surface maximale, celle qu'on réduit par des ris successifs. L'enrouleur de mât ou de bôme, lui, privilégie la simplicité : la voile s'enroule sur elle-même en quelques secondes, sans quitter le cockpit. Le prix à payer : un profil plus plat, souvent sans lattes pour l'enrouleur de mât, donc moins de puissance, et une mécanique qui doit rester impeccable, car un enrouleur bloqué toile dehors dans la brise est une vraie situation délicate.
Les voiles d'avant : du génois à la trinquette
Le génois est la voile d'avant à recouvrement, qui déborde en arrière du mât : monté sur enrouleur, il se réduit partiellement mais perd alors son profil. Les plans modernes préfèrent souvent un foc plus petit, sans recouvrement, parfois autovireur : il se règle tout seul au virement, un confort remarquable en solitaire. La trinquette, petite voile lourde gréée près du mât, prend le relais quand le vent monte sérieusement : c'est la voile qui transforme un coup de vent en simple navigation ventée. Beaucoup de voiliers de croisière l'installent sur un étai largable.
Le portant : spi, gennaker, code 0
Au vent arrière, la garde-robe s'ouvre. Le spi symétrique, avec son tangon, reste la référence de la descente au vent arrière pur, mais demande de l'équipage et de la rigueur. Le gennaker, ou spi asymétrique, s'amure sur l'étrave ou un bout-dehors et se manie presque comme un génois : c'est devenu le choix naturel de la croisière. Le code 0, voile plate et puissante sur emmagasineur, comble le trou du petit temps entre près et portant. Un emmagasineur, ce tambour qui enroule la voile sur son propre câble, simplifie radicalement l'envoi et la récupération.
Combien coûte une garde-robe
En ordres de grandeur pour un voilier de 35 à 40 pieds : une grand-voile de croisière en dacron coûte 3 000 à 6 000 euros, un génois 2 500 à 5 000 euros, un gennaker avec son emmagasineur 3 000 à 6 000 euros. Les tissus laminés et membranes, plus performants et plus stables, majorent ces montants de 50 à 100 %. Une voile de croisière en dacron bien entretenue vit une dizaine d'années ; les laminés vieillissent plus vite. N'oubliez pas le gréement dormant : les câbles qui tiennent le mât se remplacent tous les 10 à 15 ans, un poste de plusieurs milliers d'euros que les assureurs exigent de plus en plus, détaillé dans notre guide sur le gréement dormant.
Par où commencer
Inutile de rêver de garde-robe complète dès la première saison. La méthode raisonnable :
- Faites inspecter la grand-voile et le génois existants par un voilier : usure UV des bordures, points d'écoute, coutures.
- Priorisez les voiles de tous les jours : 90 % de vos milles se font sous grand-voile et voile d'avant.
- Ajoutez une voile de portant en deuxième saison, un gennaker sur emmagasineur pour la croisière.
- Budgétez l'entretien annuel : lavage, petites réparations, contrôle du gréement, quelques centaines d'euros bien investis.
- Apprenez le vocabulaire : notre glossaire illustre chaque terme, de l'amure au vit-de-mulet.
Un gréement simple, des voiles saines et bien réglées feront toujours mieux qu'une garde-robe luxueuse mal utilisée.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre un sloop et un ketch ?
Un sloop porte un seul mât avec une grand-voile et une voile d'avant : c'est le gréement le plus simple et le plus performant au près. Un ketch ajoute un second mât plus petit, l'artimon, en avant de la barre : la voilure se répartit en voiles plus petites, plus faciles à manier sur les grands voiliers, mais avec plus d'accastillage à entretenir.
Combien coûte un jeu de voiles pour un voilier de 10 mètres ?
Pour un voilier de 10 à 12 mètres, comptez en ordre de grandeur 3 000 à 6 000 euros pour une grand-voile de croisière en dacron et 2 500 à 5 000 euros pour un génois. Un jeu complet neuf grand-voile plus génois se situe donc entre 5 500 et 11 000 euros, davantage en tissus laminés. Les voiliers indépendants et l'occasion permettent de réduire la facture.
À quoi sert un gennaker ?
Le gennaker est une voile de portant asymétrique, à mi-chemin entre génois et spi. Il s'amure sur l'étrave ou un bout-dehors et se manie sans tangon, presque comme un génois. Il transforme les allures de largue et de grand largue dans le petit et moyen temps, là où génois et grand-voile seuls manquent de puissance. C'est la voile de portant idéale pour la croisière en équipage réduit.