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Sécurité & réglementation · Intermédiaire · 4 min de lecture

SNSM, CROSS, MAYDAY : qui appeler, comment

VHF canal 16 vers le CROSS ou 196 au téléphone : qui appeler en mer, le message MAYDAY type, les balises EPIRB et PLB, et le vrai coût d'un remorquage.

Instruments et radio à la passerelle d'un navire
Instruments et radio à la passerelle d'un navirePhoto — Raymond Yeung / Unsplash

En France, deux réflexes couvrent l'essentiel des urgences en mer : la VHF sur canal 16, qui joint le CROSS — le centre qui coordonne tous les secours maritimes —, et le 196, numéro d'urgence en mer depuis un téléphone. Le CROSS évalue la situation et engage les moyens adaptés : vedette de la SNSM, hélicoptère, navires déroutés sur zone. MAYDAY signale un danger vital immédiat ; PAN PAN, une urgence sérieuse sans menace vitale immédiate.

Qui fait quoi : CROSS, SNSM, sémaphores

Le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) est le chef d'orchestre du sauvetage en mer : c'est lui que l'on appelle, lui qui décide des moyens et qui coordonne l'opération de bout en bout. La SNSM (Société nationale de sauvetage en mer) est une association dont les sauveteurs, en grande majorité bénévoles, interviennent sur demande du CROSS avec leurs vedettes et semi-rigides. Les sémaphores de la Marine nationale complètent le dispositif par une veille visuelle et radio le long du littoral. Retenez l'essentiel : on n'appelle pas « la SNSM » directement, on alerte le CROSS, qui déclenche la station la mieux placée — ou un cargo déjà présent sur zone si c'est lui le plus rapide.

VHF canal 16 ou téléphone 196 : pourquoi la radio gagne

Le 196 a sauvé des vies et reste précieux, notamment pour un témoin à terre. Mais à bord, la VHF gagne presque toujours :

  • tous les navires à portée entendent votre appel — le voilier à un mille de vous arrivera avant l'hélicoptère ;
  • le CROSS peut affiner votre position par recoupement radio, même si vous n'êtes plus en état de la donner ;
  • le canal reste ouvert : pas de numéro à recomposer, pas de réseau saturé, pas de batterie de téléphone mouillée ;
  • la touche rouge ASN d'une VHF fixe transmet automatiquement votre identité MMSI et votre position GPS.

Comptez une portée d'environ 20 à 40 milles vers une station côtière, quelques milles seulement entre deux portatives. Licence, CRR et MMSI : le détail est dans notre guide La VHF : licence, canal 16, appels de détresse.

MAYDAY, PAN PAN, SÉCURITÉ : trois niveaux, un canevas

  • MAYDAY : danger grave et imminent pour le navire ou les personnes — voie d'eau non maîtrisée, incendie, homme à la mer perdu de vue, blessé en urgence vitale.
  • PAN PAN : urgence sérieuse sans danger vital immédiat — avarie majeure, blessé stable, voie d'eau contenue.
  • SÉCURITÉ : information de navigation — objet dérivant dangereux, feu de balisage éteint.

Le message tient sur un canevas simple : le mot répété trois fois, le nom du navire trois fois, l'indicatif ou le MMSI, la position (latitude et longitude GPS, ou relèvement et distance d'un point remarquable), la nature du problème, le nombre de personnes à bord, vos intentions. Parlez lentement, articulez, et ne quittez jamais le canal sans y avoir été invité : un PAN PAN se requalifie en MAYDAY si la situation dégénère, et les secours préfèrent mille fois annuler une alerte que la découvrir trop tard.

ASN, EPIRB, PLB : la détresse qui passe toute seule

La technologie double la voix, elle ne la remplace pas :

  • l'ASN de la VHF fixe alerte le CROSS et les navires équipés, identité et position transmises automatiquement ;
  • l'EPIRB, balise du navire sur 406 MHz, se déclenche à la main ou au contact de l'eau et alerte par satellite partout sur le globe — comptez 400 à 800 € ;
  • la PLB, balise personnelle (environ 250 à 400 €), se glisse dans la poche du gilet, précieuse en solitaire ou de nuit ;
  • les balises AIS MOB signalent un équipier tombé à l'eau sur tous les écrans alentour.

Au-delà de la portée VHF, ce sont ces balises qui parlent pour vous : sur un programme hauturier, elles ne relèvent pas du luxe mais de l'évidence.

Remorquage : ce qui est gratuit, ce qui se facture

En France, le sauvetage des personnes est gratuit, toujours et sans condition. L'assistance au bateau, elle, se facture : un remorquage de navire en panne ou un déséchouage donne lieu à une participation calculée notamment selon la taille du bateau et la distance parcourue — de quelques centaines d'euros à plus d'un millier pour une intervention longue. Une bonne assurance plaisance rembourse tout ou partie de ces frais : vérifiez la clause d'assistance avant d'en avoir besoin, pas après, en relisant notre guide assurance bateau. Et si vous naviguez régulièrement, le don à la SNSM n'est pas une formalité morale : ses vedettes et la formation de ses équipages vivent essentiellement de la générosité des plaisanciers.

Par où commencer

  • Plastifiez un canevas MAYDAY complété avec le nom du bateau et le MMSI, affiché près de la VHF.
  • Enregistrez le 196 dans le téléphone de chaque équipier.
  • Briefez chaque embarquant : où est la VHF, comment lire la position GPS sur le traceur, comment passer un appel.
  • Vérifiez que votre armement de sécurité correspond à votre zone et que vos balises sont enregistrées à jour.
  • Entraînez-vous à blanc, à quai, émission coupée — et relisez les réflexes de la voie d'eau, où l'alerte précoce change tout.

Questions fréquentes

Quel est le numéro des secours en mer en France ?

Le 196 joint directement le CROSS depuis un téléphone, à terre comme en mer. À bord, le canal 16 de la VHF reste néanmoins le moyen prioritaire : tous les navires à portée entendent l'appel et le CROSS peut affiner votre position. Le 112 fonctionne aussi et sera redirigé, mais avec un intermédiaire de plus.

Le remorquage par la SNSM est-il gratuit ?

Non : seul le sauvetage des personnes est gratuit. L'assistance au bateau — remorquage, déséchouage — donne lieu à une facturation selon la taille du navire et la distance, de quelques centaines d'euros à plus d'un millier. La plupart des assurances plaisance remboursent ces frais si la clause d'assistance est prévue au contrat.

Quelle est la différence entre MAYDAY et PAN PAN ?

MAYDAY est réservé au danger grave et imminent pour le navire ou les personnes : naufrage en cours, incendie, urgence vitale. PAN PAN signale une urgence sérieuse sans menace vitale immédiate : avarie de moteur, blessé stable, voie d'eau contenue. En cas de doute, appelez en PAN PAN : le CROSS requalifiera l'alerte si nécessaire.